Quoi voir au festival de films Fantasia en 2026

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Le Festival international de films Fantasia
Sarah Beall

Sarah Beall

Si vous souhaitez vivre une expérience cinématographique qui défie les conventions du septième art, participez au 30e Festival international de films Fantasia, qui se déroule à Montréal du 16 juillet au 2 août 2026. 

Fondé en 1996, le Festival international de films Fantasia – que le réalisateur Joe Lynch a déjà qualifié de « sanctuaire pour le genre » – jouit d’une renommée mondiale et met à l’honneur la crème de la science-fiction, de l’horreur et du fantastique sous toutes ses formes. Ici, les « œuvres de série B » de jeunes cinéastes côtoient les nouvelles créations audacieuses d’artistes profitant déjà d’un immense succès critique et commercial, comme Guillermo del Toro (lauréat de l’Oscar du meilleur film pour The Shape of Water) et Ari Aster (Hereditary, Midsommar).

Fantasia se distingue surtout par ses projections interactives qui suscitent chaque année le plaisir des foules, ainsi que par ses séances de questions et réponses animées et conviviales. Composé d’un public enthousiaste de cinéphiles et de membres de l’industrie, et reconnu pour contribuer au rayonnement des productions à petit budget issues de la science-fiction, du fantastique et de l’horreur, le festival présente d’extraordinaires longs métrages en provenance d’Asie, d’Europe et des Amériques. Allez-y bien sûr pour voir des zombies, des vampires et des extraterrestres en cinémascope, mais aussi pour profiter de l’ambiance électrisante qui y règne et participer à des discussions avec certaines des plus grandes vedettes du cinéma de genre. Comme on y tient une foule de projections en premières mondiale et canadienne, vous pourriez même vous targuer d’avoir visionné en primeur le prochain film d’épouvante à sensation!

Avec une programmation phénoménale comportant au-delà de 125 longs métrages et 200 courts métrages, de même qu’une foule d’événements spéciaux, d’expositions et de conférences, l’édition 2026 de Fantasia figure parmi les happenings incontournables de l’été à Montréal. Découvrez ci-dessous quelques-unes des œuvres projetées cette année, puis consultez le site web du festival pour en apprendre davantage sur tout ce qui se passe dans le cadre de cette extraordinaire célébration du septième art.

Une ouverture hallucinante

Fidèle à ses traditions, Fantasia ouvre sa 30e édition avec la première canadienne de Her Private Hell, « un conte de fées macabre et hallucinatoire » signé Nicolas Winding Refn. La projection de cette exploration néo-noire surréelle de la mémoire, de la mort et de la résurrection est déjà passée, mais vous pouvez regarder la bande-annonce en attendant sa sortie publique le 24 juillet 2026. Refn, un cinéaste, scénariste et producteur danois légendaire, a par ailleurs reçu le prix de Carrière honorifique Chevalier noir en lever de rideau du festival. 

Cartes postales du Japon

La légende de la J-horror Takashi Shimizu, créateur de la série Ju-On, revient à Fantasia avec un programme double. Dans la première mondiale de Village of Eight Gravestones, un jeune homme nommé Tatsuya se rend dans le village rural où sa mère, qu’il n’a pas vue depuis des années, a habité. Accompagné du célèbre détective Kosuke Kindaichi, il souhaite défaire un sortilège familial et stopper une nouvelle vague de meurtres. La deuxième œuvre de Shimizu présentée au festival, The Mouths, est projetée en première nord-américaine. Elle suit des universitaires qui provoquent le destin en visitant un cimetière hanté au milieu de la nuit. Le groupe se retrouve rapidement au cœur d’un cauchemar. 

La sélection japonaise de Fantasia comprend également The Samurai and the Prisoner, grâce auquel le cinéaste Kiyoshi Kurosawa mélange les genres, entre histoire et mystère. Pour sa part, Atsushi Nishigori, maître de l’animation nous ayant offert le très populaire Evangelion: 3.0+1.0 Thrice Upon a Time, présente GROTESQQQUE, une anthologie en trois parties remplie d’extraterrestres, de gyarus et de vampires. Enfin, Eriko Katagiri offre une fable de loup-garou rêveuse en revisitant l’esseulement féminin et l’aliénation dans When You Open the Door

Pleins feux sur le cinéma du Québec et du Canada

La comédie de science-fiction de Simon Harrisson The Galactic Ghoul suit Vincent Hoss-Desmarais qui joue deux rôles : un explorateur de l’espace et son acolyte qui doivent s’échapper d’une planète-prison aux côtés de la reine Xaltalusia XXIII (Katharine Isabelle). Mêlant les costumes techniques et l’animation numérique, elle représente un joli hommage à petit budget aux feuilletons spatiaux de série B. Les Saturnides, de Neegan Trudel, est une histoire montréalaise sinistre : d’étranges nuages plongent la ville dans une insomnie de masse alors qu’une jeune mère et son petit copain optimiste doivent séparer la réalité de l’hallucinatoire, et ce, même si la paranoïa gagne la ville devant l’état d’urgence. Dans dans la nature sauvage canadienne de Someone’s Daughter, le réalisateur Wiebke von Carolsfeld met en scène une avocate de la défense (Pascale Bussières) et le client qu’elle a réussi à faire acquitter pour viol. Le tout se déroule après que le père de l’accusé les kidnappe tous les deux, ce qui permet de développer une intrigue ambiguë et tendue autour de la morale et de la survie. 

Des perles de partout sur le globe

Dans Kung Fu, de Giddens Ko, le premier film fantaisiste d’arts martiaux taïwanais en plus de 40 ans, deux héros atypiques se voient dotés de pouvoirs magiques après une rencontre avec un maître respecté. De son côté, le réalisateur Michael Gabriele célèbre Noël en juillet grâce à Unholy Night, une comédie d’horreur des fêtes dans laquelle la veillée de la famille de Gino se transforme en une soirée chaotique quand la nonna décédée revient à la vie pour « aider » son clan. Autour du thème de l’exploitation de la main-d’œuvre, Sleep No More, du cinéaste Edwin, dépeint une usine de perruques de Jakarta où il se passe des choses sanglantes. Deux sœurs tentent de résoudre la mort de leur mère au travail. Avec Ferine, Andra Corsini ajoute sa voix à la grande tradition du cinéma d’horreur transgressif italien. Son film suit une collectionneuse d’art endeuillée qui découvre un prédateur à l’intérieur d’elle-même. Dans God Skin, un livreur de Bangkok sans le sou découvre une arène d’arts martiaux et de paris underground, mais il y a un virage dystopique… I Love Paris propose pour sa part une comédie d’horreur et un documentaire parodique : une musicienne hipster apathique devenue vampire parcourt la Ville lumière à la recherche de son prochain gueuleton. Avec Penny Lane Is Dead, Mia’Kate Russell présente un festin gore et sanglant aux accents comiques dans un suspense qui se déroule sur une plage de l’Australie, lors d’une fête qui tourne au drame. Enfin, Motherwitch, dans le Chypre colonial des années 1880, invoque les forces féminines des ténèbres alors qu’une femme tente de retrouver son enfant perdu. L’horreur folk se mêle au mythe gothique. 

Des documentaires avant-gardistes

Black Zombie retrace l’histoire des zombies depuis leurs racines. La réalisatrice Maya Annik Bedward y examine comment la traite transatlantique des esclaves et la démonisation du vaudou haïtien sous le régime colonial ont mené à la figure du zombie qu’on connaît aujourd’hui. The Seoul Guardians offre pour sa part un coup d’œil sur le terrain autour de la crise de la loi martiale de décembre 2024, en Corée du Sud, alors que la tentative de prise de pouvoir du président Yoon Suk-yeol a forcé les élus à forcer l’entrée de l’assemblée pour renverser le décret. Rubberhead: The Life and Monsters of Steve Johnson, une chronique qui s’étend sur sept ans, s’attarde à la légende du maquillage derrière An American Werewolf in London, Videodrome et Ghostbusters. Le portrait dépeint un artiste talentueux mais aux tendances auto-saboteuses à l’âge d’or des effets cinématographiques qu’il a portés à un nouveau niveau. 

Film de clôture

Le festival se termine avec la première mondiale de Freaks Part II, de Zach Lipovsky et Adam Stein, la suite très attendue de FREAKS, leur film indé sorti en 2018. Ce sont eux qui sont derrière le succès commercial et critique de 2025 Final Destination: Bloodlines. Des années après une évasion traumatique, une mère et sa fille vivent en cavale, cachant leurs pouvoirs à l’Abnormal Defense Force, une unité paramilitaire censée éliminer les « freaks » comme elles. 

Le 30e Festival international de films Fantasia se déroule du 16 juillet au 2 août 2026. Les projections ont lieu au centre-ville de Montréal, aux cinémas des pavillons Hall et J.A. de Sève de l’Université Concordia. Des événements additionnels sont tenus au Cinéma du Musée. Consultez la programmation complète

Sarah Beall

Sarah Beall

Sarah Beall est une écrivaine, éditrice et une personne créative qui adore la nourriture, le plaisir et tout ce qui touche aux arts et à la culture. Son goût du voyage l'a emmenée dans des endroits tels que São Paulo, au Brésil, Séoul, en Corée du Sud, Londres, en Angleterre, et New York. Pourtant, elle est toujours la plus heureuse en jouant les touristes et en vivant la belle vie à Montréal, la ville de classe mondiale où elle vit depuis plus de 20 ans.

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