Le Montréal d’Oscar Peterson
La légende du jazz Oscar Peterson (1925-2007) est chérie dans sa ville natale de Montréal, qui a inspiré sa musique et lancé sa carrière. Considéré comme un des meilleurs pianistes jazz de tous les temps, Peterson a joué avec tout le monde, d’Ella Fitzgerald à Billie Holliday, en passant par Dizzy Gillespie et Louis Armstrong, qui le surnommait l’« homme aux quatre mains ».
Le Montréal d’Oscar Peterson
Fils d’un porteur de bagages ferroviaire et d’une domestique, Oscar Peterson a grandi dans La Petite-Bourgogne, un quartier ayant reçu le titre de « Harlem du Nord » qui était, à l’époque de Montréal ville du vice, un haut lieu de la planète jazz. « J’ai appris grâce à tout le jazz qui était joué à Montréal à l’époque. Il y avait de très bons musiciens », a raconté le pianiste de son vivant.
La première personne qui lui a enseigné le piano est sa sœur Daisy Peterson Sweeney, une professeure reconnue dans la communauté noire de Montréal qui comptait aussi une autre légende jazz de Montréal parmi ses étudiants : Oliver Jones.
Oscar Peterson a remporté huit Grammys, y compris un prix pour l’ensemble de sa carrière. Sa pièce de 1962 Hymn to Freedom est devenue un chant de ralliement pour le mouvement des droits civiques en Amérique. Il a été nommé Compagnon de l’Ordre du Canada en 1984 et, en 2005, est devenu le premier Canadien toujours vivant à être immortalisé sur un timbre.
Voici quelques lieux montréalais qui rappellent la mémoire d’Oscar Peterson.
Montréal : la ville qui a inspiré sa musique et lancé sa carrière.
En mémoire d’Oscar
Les travaux entourant la place Oscar-Peterson sur l'avenue McGill College au coeur du centre-ville devraient commencer en 2028.
La veuve d’Oscar Peterson, Kelly Peterson, a souligné que Montréal « ne lui a pas donné son talent, bien sûr, mais que ses influences l’ont inspiré toute sa vie. Il était très fier d’être né à Montréal, d’avoir grandi ici, d’y revenir pour jouer au Festival International de Jazz de Montréal. »
Des attraits « oscarisés »
Bien que La Petite-Bourgogne fût jadis l’épicentre de la scène jazz de Montréal, c’est à l’Alberta Lounge, au centre-ville, au coin des rues de la Gauchetière et Peel, que Peterson a effectué une résidence en 1947. Y trône aujourd’hui l’hôtel Marriott Château Champlain. Le musicien a été découvert par le légendaire impresario jazz américain Norman Granz en 1949, et a fait ses premiers pas aux États-Unis au Carnegie Hall la même année.
Dans sa jeunesse, dans La Petite-Bourgogne, Peterson fréquentait l’historique église Union United (3007, rue Delisle), fondée en 1907 par des porteurs de valises noirs et leurs épouses. Aujourd’hui, un parc de La Petit-Bourgogne à quelques rues de l’église a été renommé en l’honneur d’Oscar Peterson.
Le quartier compte aussi deux grandes murales dignes de mention : l’œuvre Jazz Born Here de l’artiste Gene Pendon dépeint Oscar au coin des rues Saint-Jacques et des Seigneurs, alors que l’Hommage à Daisy Peterson Sweeney de l’artiste Kevin Ledo s’impose à l’angle des rues Saint-Jacques et Saint-Martin.
En plus d’avoir enseigné le piano à des milliers d’enfants (dont son frère Oscar), Daisy Peterson Sweeney a cofondé en 1974 la Montréal Black Community Youth Choir à l’église Union United. Le chœur est devenu en 1982 le célèbre Montréal Jubilation Gospel Choir sous la direction de Dr Trevor Payne.
Article original en anglais par Richard Burnett, adapté en français par Vincent Fortier.

Richard Burnett
Richard « Bugs » Burnett est un auteur, rédacteur, journaliste, blogueur et chroniqueur canadien. Il écrit pour des hebdomadaires indépendants ainsi que des publications grand public et LGBTQ+. De plus, Bugs connaît Montréal comme une drag queen connaît les produits de beauté.

